Arte – Journal de la création

Une étudiante, Lucile Jean, a écrit un passionnant Master 2 sur « Documenter le passé pour raconter le présent : l’image photographique, forme et trace de la mémoire du Camp de Rivesaltes et de ses indésirables ».

Accompagnée d’écrits de Roland Barthes et Susan Sontag, c’est une longue mais très prégnante réflexion sur la photographie. Avec, en corrélation, le travail de Paul Senn, grand reporter suisse décédé en 1953, qui a travaillé sur la guerre d’Espagne, la Retirada (réfugiés espagnols en France) et le Camp de Rivesaltes. Et de mon travail, une commande du Mémorial du camp de Rivesaltes, portraits des dernières personnes et leurs familles, ayant vécu dans ce camp. Lucile Jean évoque ce travail pour le Mémorial.

Le Camp de Rivesaltes a été construit en 1938, pour l’internement des « indésirables étrangers ». Les premiers furent les Brigades Internationales chassées d’Espagne, après la victoire de Franco. Ensuite, en 1941, le régime de Vichy fit interner des juifs et des tsiganes. Enfin, pendant la guerre d’Algérie, les harkis y trouvèrent refuge, rejetés par l’Algérie et une partie de la population française.

Le camp était fait de baraquements vétustes et ces gens y vivaient dans des conditions très dures. Dans le recueil de paroles que j’ai effectué, lors de mes portraits, Mébarka Précandon (harki) disait : « Rivesaltes était un camp d’internement, le froid, le vent, la misère ».

Le Mémorial a été créé pour garder la mémoire de ce camp. Inauguré en 2015, avec une architecture remarquable quasi souterraine, au beau milieu des ruines de ces baraquements. Avec des expositions permanentes et temporaires, des conférences…

Il reste, à jamais, la mémoire de toutes ces vies.

Je remercie Françoise Roux, qui à l’époque, était administratrice générale du Mémorial de m’avoir donné la possibilité de réaliser ce travail passionnant.

Quelques années plus tard, j’ai choisi d’y répondre, au fil de sa lecture et, effectivement, tenter de participer à une réflexion sur la photographie, comme certains me le demandent.

Accompagné, par la suite, d’un premier bilan photographique, non exhaustif, toujours accompagné d’écrits de Barthes, Sontag et autres, pour aussi chercher à étayer cette réflexion.

Pour ceux que cela intéresse, deux documents consultables ci-dessous, l’un pour cette réponse, l’autre pour le bilan (aussi, souvent demandé)

Consultez ces liens, si vous le souhaitez, que lorsque vous avez du temps et/ou en plusieurs fois. L’ensemble de ces documents est long mais je n’ai pu faire autrement… (le Master 2 de Lucile Jean étant aussi très long et pour le bilan, il y a beaucoup de photos, j’ai fait sept livres et participé à beaucoup d’autres, etc. mais tout n’y est pas présenté ici.)

PS. Si cela vous a intéressé, n’hésitez pas à partager ces liens.

Réponse au Master 2
https://www.calameo.com/read/007620839a2079338c986

Bilan photographique
https://www.calameo.com/read/007620839b945406fe9c8